Connaître, protéger et restaurer le vivant dans la Vallée des Baux : une success story – épisode 1

Cela fait près de 30 ans qu’A Rocha a mis les pieds dans la Vallée des Baux. Avec l’impulsion de Peter et Miranda Harris et grâce à leur rencontre avec Albert et Denise Donadieu, propriétaires du domaine de l’Ilon, à la fin des années 1990, A Rocha France y a démarré son premier projet en 2000 et ouvert le centre des Tourades en 2001 suite à un don miraculeux. Depuis, les études et projets s’y sont succédés, contribuant à mieux connaître et faire connaître cet écrin de biodiversité, à mettre en place des mesures de protection, à initier les premières mesures de restauration des marais, à faire revenir des espèces menacées, autrefois disparues, et à former des dizaines de jeunes aux métiers de la protection de la nature.

Mas Tourades
Le mas des Tourades dans les années 2000

Au cours des prochains mois, nous allons vous faire découvrir ou re-découvrir les différentes facettes de cette grande histoire d’amour entre A Rocha France et la Vallée des Baux.

Nous vous présenterons successivement : 

  • La contribution unique d’A Rocha au déploiement de mesures de protection mises en place au sein de la vallée des Baux et plus spécifiquement de ses marais
  • La découverte d’espèces rares et menacées, et pour certaines d’entre elles leur retour après des décennies de disparition, grâce aux actions entreprises
  • L’emblématique projet d’étude et de conservation du Rollier d’Europe qui a contribué à faire doubler la population locale et à faire mieux connaître et protéger l’espèce dans le monde entier
  • L’expertise technique et scientifique que nos projets nous ont permis de développer et de mettre à disposition de la protection de la biodiversité au niveau local, national et au-delà
  • Les actions de formation et de sensibilisation menées dans la vallée des Baux depuis 30 ans, qui ont notamment contribué à sensibiliser et à former des dizaines de jeunes à la protection de la biodiversité

Mais pour ce premier épisode, nous vous invitons à vous replonger avec nous dans ce territoire unique : la Vallée des Baux.

Découvrir la vallée des Baux

La Vallée des Baux est un territoire longtemps resté méconnu. Lovée entre la chaîne des Alpilles au Nord, et la plaine de la Crau au Sud, cette dépression géologique bordée d’oliveraies aux fruits réputés, a la particularité d’accueillir en son cœur une large zone humide, les marais des Baux. Avec une altitude inférieure au niveau de la mer, cette zone humide recueille naturellement les eaux de ruissellement du sud du massif des Alpilles, d’où elles ne peuvent s’échapper. Ainsi, 2000 hectares de marécages ont, pendant des siècles, fait le bonheur des hérons, poissons et autres grenouilles mais aussi des communautés locales qui y exploitaient les roseaux pour leurs toitures et y pêchaient les poissons.

Des tourbières très particulières, créées par une alimentation en eaux souterraines et la présence de larges surfaces de marais à marisque, un roseau rugueux peu appétant, ont même vu le jour au sud de ces marais, créant un immense puits de carbone naturel.

Les marais dans la vallée des Baux

Entre assèchements et adaptation de la faune et de la flore

Malheureusement, après plusieurs tentatives d’assèchement infructueuses entre le 17e et le 19e siècle, l’arrivée des motopompes au milieu du 20e siècle a sonné le glas des zones humides et l’avènement de la céréaliculture intensive dans les marais des Baux. Plus de 90% des surfaces de marais ont ainsi disparu en quelques années peu après la seconde guerre mondiale. Un large canal balafrant la vallée d’Est en Ouest a été creusé. La poldérisation du territoire a permis la mise en culture de terres jusque là inexploitables car trop humides, reléguant les fragiles espèces de zones humides à deux espaces relictuels coincés entre le canal au nord, et la plaine de Crau au sud : les marais de l’Ilon et de Santa Fé. 

Cependant, au cœur de cet espace en apparence condamné à une morne biodiversité liée à l’agriculture intensive, le vivant a subsisté et a su s’adapter. Les canaux de drainages ont été colonisés par les tortues cistudes et de rares espèces de libellules comme le Gomphe de graslin (seule population des Bouches du Rhône). Les marais relictuels ont accueilli les dernières populations de hérons mais aussi les rares et menacés anguilles et pélobates.

L’humidité ambiante a permis le développement de corridors boisés le long des canaux, lorsque les propriétaires et agriculteurs le permettait ou que ces zones étaient peu accessibles : les fameuses ripisylves. Ces boisements, à leur tour, ont permis à de nombreux oiseaux et aux chauves-souris de survivre au cœur des marais des Baux, et l’installation des castors. Dans les secteurs non cultivés, les prairies humides pâturées ont permis à la Diane, papillon protégé, et au campagnol amphibie de subsister. En périphérie des marais, la garrigue et les rochers des prémices des Alpilles, espaces naturels préservés, permettent toujours à de nombreuses espèces des milieux secs de côtoyer celles des marais, créant ainsi un assemblage et une diversité d’espèces exceptionnels.

INventiare d'oiseaux d'eau dans la vallée des Baux
Session d'inventaire d'oiseaux d'eau

Vers une restauration des marais des Baux

Totalement privé, cet espace pourtant remarquable est resté quasiment méconnu du grand public et du milieu scientifique et naturaliste au cours du 20e siècle. Mais les premiers inventaires menés par A Rocha au sein du domaine de l’Ilon, où subsistait l’un des derniers marais relictuels, à partir de la fin des années 1990, allaient contribuer à changer le destin de cette vallée.

En 2003, de graves inondations voient les digues du Rhône céder au Nord d’Arles, et les marais des Baux redeviennent, pour plus de 6 mois, une zone humide sur près de 2000 hectares. Depuis, une nouvelle dynamique est en route. Les champs de maïs laissent la place aux prairies permanentes, des marais sont restaurés, une réserve naturelle est créée. Des espèces disparues depuis plus de 30 ans font leur retour dans les marais. D’autres espèces, ayant subsisté, voient leurs populations augmenter fortement.

Désormais, la vallée des Baux n’est plus connue uniquement pour son huile d’olive, mais aussi pour ses marais et sa biodiversité, qui font d’elle une petite Camargue au pied des Alpilles. Accompagnés par les salariés et les bénévoles d’A Rocha au mas des Tourades puis au mas Mireille, tous ces changements sont porteurs d’espoir. L’espoir de pouvoir concilier les pratiques des hommes avec la réalité d’une zone humide insolente, l’espoir de cohabiter de façon harmonieuse avec le vivant. 

Soutenir nos projets en faveur du vivant

Aujourd’hui, nos projets continuent à impacter durablement les hommes et la nature dans et depuis la Vallée des Baux, grâce aux actions de nos équipiers basés au Mas Mireille. En 2027, nous avons besoin de vous pour faire durer cette aventure extraordinaire et continuer à œuvrer pour la sauvegarde et la restauration de la Création, que ce soit dans les Marais des Baux ou partout en France grâce à notre expertise scientifique et à notre réseau d’ambassadeurs et de groupes locaux. Vous pouvez dès maintenant vous engager à nos côtés en soutenant nos projets en faveur du vivant par un don ponctuel ou un soutien régulier : 

Merci pour votre soutien !

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