Cet été, la France a connu une succession de canicules exceptionnelles, accompagnées d’incendies, de sécheresses et de restrictions d’eau. Selon les premières estimations de Santé publique France, plus de 8 000 décès supplémentaires ont été enregistrés pendant les épisodes de fortes chaleurs de l’été 2026. Face à cette réalité, comment réagir en tant que chrétiens ? Entre inquiétude, sentiment d’impuissance et tentation de la résignation, quelle place donner à l’engagement et à la prière ?
C’est dans ce contexte que se tiendra, du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, en Turquie, la COP31, le grand rendez-vous annuel des Nations unies consacré au changement climatique.
La COP (de l’anglais Conference of the Parties, « Conférence des Parties ») rassemble les représentants des pays du monde entier pour négocier les actions à mener face au dérèglement climatique.
Au milieu de ces négociations, une présence discrète mais fidèle : celle de chrétiens venus du monde entier pour observer, apprendre, témoigner et prier. Cette année encore, A Rocha sera présente, notamment à travers deux représentants d’A Rocha France : Samuel Wurgler, ambassadeur de notre association, et moi-même.
Un programme pour former des observateurs chrétiens à la COP31
Cette présence s’organise notamment dans le cadre du Christian Climate Observers Program (CCOP), un programme soutenu par plusieurs organisations chrétiennes, dont A Rocha. Son objectif est de former des chrétiens à mieux comprendre les négociations internationales sur le climat, à y apporter une perspective chrétienne et à mobiliser leurs Églises et leurs communautés.
Concrètement, les participants bénéficient d’accréditations officielles d’observateurs. Ils peuvent ainsi accéder à certains espaces et événements de la conférence, suivre les discussions et rencontrer des acteurs engagés dans les négociations.
Plusieurs webinaires de préparation nous ont permis de mieux comprendre le fonctionnement des négociations climatiques internationales et les enjeux de la COP31, mais aussi d’apprendre à communiquer plus efficacement sur le changement climatique auprès de différents publics. Une session de préparation spirituelle nous a également invités à accueillir les émotions que suscite la crise climatique (inquiétude, colère, découragement…) et à cultiver la prière, l’espérance et l’amour face à ces défis.
Sur place, des temps quotidiens d’échange, de réflexion biblique et de prière nous permettront de prendre du recul sur ce que nous aurons entendu et vécu.
Mais le rôle d’un observateur ne s’arrête pas à la COP. Il s’agit aussi de rapporter ce que nous aurons appris dans nos Églises et nos réseaux, afin de contribuer à une meilleure compréhension des enjeux climatiques et d’encourager une réponse chrétienne à la hauteur des défis.
Le programme est ouvert aux chrétiens de toutes les traditions.
Pour découvrir plus largement l’engagement international d’A Rocha à la COP31, vous pouvez consulter cette page d’A Rocha International (en anglais).
Une troisième COP, et une conviction qui ne m'a jamais quitté
Pour ma part, ce sera ma troisième COP. J’ai participé à celle de Paris en 2015, où est né le programme des observateurs chrétiens et où A Rocha avait organisé une grande conférence à l’église St Michaels en parallèle à la COP, puis à celle de Glasgow en 2021, avec plusieurs ambassadeurs d’A Rocha et ma fille aînée.
Cette année, je serai présent à Antalya du 13 au 21 novembre, principalement pour la seconde semaine des négociations, en partenariat avec le SEL, association protestante de solidarité internationale particulièrement attentive aux conséquences du changement climatique pour les populations les plus pauvres. L’un de mes fils, qui vient d’avoir 18 ans, m’accompagnera.
Ce choix a une histoire : il y a une vingtaine d’années, lorsque j’ai commencé à mesurer la gravité du changement climatique, je me suis fait une promesse : je ne voulais pas arriver au soir de ma vie en ayant à reconnaître devant mes enfants – et devant Dieu – que j’étais resté les bras croisés face à une menace aussi grave pour leur avenir.
Cette conviction ne m’a jamais quitté. C’est elle qui m’a conduit à parler de ces questions dans les Églises depuis plus de vingt ans, à travailler pour mobiliser les chrétiens et, lorsque cela est possible, à emmener mes enfants à la COP.
Non parce que je pense que ces conférences suffiront à résoudre la crise climatique, mais parce que je crois que nous avons une responsabilité à exercer, là où nous sommes et avec les moyens qui sont les nôtres.
Pourquoi participer à une COP ?
On peut légitimement se demander à quoi servent ces grands rassemblements internationaux, souvent critiqués pour leur lenteur, leurs contradictions et le décalage entre les engagements annoncés et les actions réellement entreprises.
Ces critiques sont en partie justifiées. Pourtant, je reste convaincu qu’il est important que des chrétiens soient présents, pour témoigner, écouter, prier.
Témoigner, d’abord. Témoigner que la protection de la création et le souci de notre prochain ne sont pas des préoccupations secondaires pour les chrétiens. Notre foi nous appelle à prendre soin du monde que Dieu nous a confié et à nous préoccuper tout particulièrement des plus vulnérables, qui sont souvent les premiers à subir les conséquences du dérèglement climatique alors qu’ils y ont le moins contribué.
Écouter, ensuite. Une COP est un lieu de rencontres exceptionnel. On y croise des représentants de près de 200 pays, des scientifiques, des responsables associatifs et des croyants de toutes traditions. On y entend notamment les témoignages de communautés déjà durement touchées par les sécheresses, les inondations ou la montée des eaux. Ces rencontres nous aident à mieux comprendre les enjeux, à sortir de notre perspective européenne et à donner un visage humain à des réalités parfois abstraites.
Prier, enfin. Car si les négociations internationales et les innovations technologiques sont indispensables, elles ne suffiront pas à elles seules. La crise écologique nous confronte aussi à des questions profondément morales et spirituelles : notre rapport à la consommation, à la richesse, au pouvoir, à la justice et à notre prochain. Elle appelle une transformation de nos comportements, mais aussi de nos cœurs.
Pendant la COP31, nous prierons donc pour les négociateurs, les dirigeants et les populations représentées, pour que les décisions prises soient courageuses et justes, qu’elles protègent les plus vulnérables et contribuent à préserver la création.
Et si nous nous mobilisions ensemble dans la prière ?
Le premier soutien que nous recherchons est la prière.
Face aux canicules et à leurs conséquences, A Rocha France a lancé cet été des rencontres de prière en ligne consacrées au climat. Environ 130 personnes ont participé à la première rencontre, témoignant d’un désir de porter ensemble ces préoccupations devant Dieu.
Cette démarche s’inscrit dans une longue tradition biblique d’intercession. Abraham intercède même pour Sodome et Gomorrhe !! (Genèse 18.16-33). Moïse supplie Dieu d’épargner le peuple d’Israël après l’épisode du veau d’or (Exode 32.11-14). Les prophètes évoquent ceux qui se tiennent « sur la brèche » en faveur de leur peuple (Ézéchiel 22.30).
Ces hommes de foi ne se réjouissaient pas des catastrophes qui menaçaient leurs contemporains, même lorsqu’ils dénonçaient leurs fautes. Ils intercédaient pour eux.
Face à la crise climatique, nous sommes appelés, nous aussi, à nous tenir sur la brèche : non à céder au fatalisme, mais à prier, à aimer et à agir.
La prochaine rencontre de prière en ligne aura lieu le jeudi 12 novembre, de 18h à 19h, pendant la première semaine de la COP31. Elle est ouverte à toutes et à tous.
Comment participer ?
Vous pouvez vous associer à cette démarche de plusieurs manières :
- Participer à la rencontre de prière du jeudi 12 novembre, pour intercéder ensemble pendant la COP31.
- Rejoindre la Prière pour la Création, afin de poursuivre cet engagement dans la durée et de recevoir chaque matin une intention de prière pour la création.
- Soutenir financièrement les actions d’A Rocha France pour le climat : participation aux COP, interventions dans les Églises et les établissements de formation, organisation de séminaires comme « Énergie et Climat », et sensibilisation des chrétiens aux enjeux écologiques.
Ensemble, continuons à témoigner de notre espérance, à prendre soin de la création et à intercéder pour notre monde.
Pour en savoir plus sur le programme des observateurs chrétiens : ccopclimate.org.