Je m’appelle Yoanna, je suis coordinatrice du Réseau Ambassadeurs et en charge d’une partie de la communication d’A Rocha France. Ceux d’entre vous qui assistent régulièrement aux webinaires de notre association ou qui sont ambassadeurs me connaissent bien. Pour les autres, laissez-moi vous guider au coeur de ma discrète mission : mobiliser les chrétiens pour sensibiliser au soin de la création.
Sensibiliser : parler ou agir ?
Katharine Hayhoe, auteure du livre « Défi et espérance pour le climat », affirme que « la meilleure chose à faire pour le climat, c’est d’en parler ». On pourrait se demander en quoi parler peut changer la situation écologique de notre planète. Moi-même, je me dis souvent qu’il vaut mieux passer à l’action pour que les choses avancent plus vite. Ce n’est pas faux ! Mais parler, c’est soulever une problématique et laisser l’opportunité à chacun de s’exprimer dessus.
Quand nos ambassadeurs parlent d’écologie en église, une fois passée la prise de conscience théologique et écologique, les gens demandent comment agir. Ils veulent faire quelque chose. Alors, commence un dialogue fédérateur. Des idées naissent. Des projets s’esquissent. Du plus petit, comme lorsque plusieurs membres de l’église commencent à venir en vélo plutôt qu’en voiture, au plus gros, quand la communauté s’engage collectivement pour être une lumière dans le quartier à travers diverses actions : compost, jardin partagé, isolation du bâtiment, plantation d’arbres, etc. Sur le terrain, les actions sont variées et prometteuses, en témoignent nos amis d’Eglise Verte !
Un travail de longue haleine aux fruits pas forcément visibles
Mais la sensibilisation, bien qu’indispensable, ne débouche pas toujours sur un passage à l’action rapide et mobilisateur. Les idées doivent faire leur chemin. Même convaincus, de nombreux chrétiens rencontrent des embûches dans leur passage à l’action. Engagements multiples, manque de temps ou d’énergie, barrières structurelles liées au fonctionnement de notre société…
Et pour ceux qui pensent qu’ils ne sont pas concernés par la crise écologique, le cheminement est encore plus long. Il faut parfois de nombreuses discussions ou expositions à des faits écologiques avant que le déclic ne se produise. Pour nos ambassadeurs, ce déclic est rarement visible. Ils participent à un ensemble d’événements et circonstances qui sensibiliseront la personne, mais ne voient que rarement le fruit de cette sensibilisation. Sensibiliser pour le soin de la création est réellement un travail de longue haleine, qui peut parfois mener à la frustration de voir des résultats. Dans ce cas, on peut toujours se rebooster en participant à un chantier de plantation d’arbres, action concrète au résultat bien visible !
Beaucoup de questionnements pour mieux sensibiliser au soin de la création
Dans ce contexte, je me pose au quotidien de nombreuses questions sur la manière de sensibiliser et de toucher de plus en plus de personnes. Dans notre Réseau, nous avons en stock de nombreuses ressources théologiques et écologiques pour répondre à une grande variété de questions et d’objections sur le sujet.
Mais comment aller à la rencontre de nouveaux publics ? La prise de contact avec de nouvelles communautés peut se faire de manière directe, par un email ou par téléphone. Avec de régulières impasses, parmi des rencontres fructueuses. La participation à des événements et rassemblements chrétiens est également au coeur de l’action des ambassadeurs, comme cette année notre présence au congrès des unions FEF ou notre participation à ECHO, événement pour la jeunesse.
Dans un monde très connecté, nous travaillons également notre présence en ligne : par nos sites internet en premier lieu, comme par exemple le site Questions de foi d’écologie. Par les réseaux sociaux aussi, qui m’amènent à me poser de nombreuses questions. À quel point nous permettent-ils de toucher de nouveaux publics ? Et surtout, sommes-nous en accord avec nos valeurs, lorsque nous utilisons ces services « gratuits » d’entreprises qui ont uniquement pour but de rendre notre attention captive afin de faire du profit ? C’est un tiraillement au quotidien de trouver une juste balance entre une communication parfaitement en accord avec nos valeurs mais à portée plus limitée et une action à portée potentiellement plus large mais nous faisant entrer dans le jeu de ces entreprises peu scrupuleuses.
Alors, en réfléchissant à ce dilemme, et si j’allais observer le pic vert qui se balade dans mon jardin, faire mes courses chez ce maraîcher local ou participer au prochain chantier de plantation d’arbres près de chez moi ?
Yoanna Rigotto, Coordinatrice du Réseau Ambassadeurs A Rocha
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